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Description du blog :
Portail des œuvres de Pascal Lefèvre, notamment Ingrid Bétancourt et Apprendre le devoir de mémoire.
Catégorie :
Blog Art
Date de création :
01.12.2007
Dernière mise à jour :
02.05.2009

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Ma vie debout

Ma vie debout

Publié le 02/05/2009 à 12:00 par commentsauverlemonde
Comment sauver le monde ?

Par les mots !
A condition qu'ils aient pour seul but de réveiller les consciences !
Car ce n'est que par l'éveil des consciences que le monde pourra changer !


"Ma vie debout ", est le récit de vie de Liane Muller que j'ai réécrit en vers. Il s'agit de ma spécialité qui est celle d'écrivain versificulpteur. Ce récit de vie, de plus de 100 pages a été imprimé pour les besoins personnels de Liane Muller, mais il peut être édité, si un éditeur est intéressé pour le faire... il n'a qu'à me contacter !

Voici ci-dessous un extrait de cette versificulpture :

La vie, pendant l’occupation,
N’était pas de toute gaîté
Et, avant la libération,
Notre ville fut évacuée,
Car Haute-Yutz était placée
Sur la voie de la Liberté !

Mais papa s’est bien débrouillé
Pour ne pas quitter la maison,
Car nous avons déménagé
Nos matelas sur le béton
De notre cave et protégé
Les fenêtres avec de grands sacs
Que nous avions remplis de sable
Pour ne pas que les carreaux craquent
Si un obus non souhaitable
Avait choisi notre maison
Pour terminer, à sa façon,
Le voyage de son canon
Jusqu’à sa première explosion !

En effet, grâce à sa radio
Qu’il écoutait bien en cachette,
Papa savait que, très bientôt,
Nous pourrions vivre une vraie fête !
Car les Alliés étaient en marche
Pour libérer aussi Thionville
Et sa banlieue, Manom ou Garche
Ainsi que notre propre ville !

C’est pourquoi nous avons caché,
Un jour, en craignant les pillages
Si nous devions être évacués,
Nos précieux objets de ménage,
Comme le service de table,
Avec ses plats et sa soupière
Qui connaîtra une incroyable
Histoire à la fin de la guerre !

Alors, pour nourrir la famille,
Il prenait quelquefois des risques,
En se rendant, comme une anguille,
Dans nos champs, sans qu’on lui confisque
Ces grands sacs de pommes de terre
Qu’il transportait, avec son dos,
Pendant que, tout, tout près, la guerre
Nous effrayait par ses échos !

Mais ce moment ne dura guère,
Avec son lot de grande angoisse,
Surtout quand je voyais mon père
Partir avec la mine lasse,
En espérant qu’aucune alerte
Ne se déclenche en son absence,
Car il aurait, en pure perte,
Alors tenté sa bonne chance !
C’était un grand soulagement
Que de le voir revenir sain
Et sauf après ce dur moment
Où tout mon cœur battait à plein !

C’était, parfois, même amusant
De voir papa moudre les grains
De blé, avec André l’aidant
Pour les fourrer dans le moulin
À café pour faire la farine
Qui donnera quelques bons pains…

Un jour, nous vîmes la trombine
De cinq ou six Américains,
Avec leurs fusils à la main,
Après avoir, à coups de crosses,
Ouvert la porte avec un foin
Que même un vrai rhinocéros
N’aurait pas fait sur son terrain !
Ils voulaient voir si des soldats
Allemands n’étaient pas en train
De se cacher sous notre toit !
Mais comme il n’y en avait pas,
Ils s’installèrent, pour une nuit,
En nous laissant du chocolat,
Quelques conserves et puis aussi
Une surprise rigolote,
Dans notre soupière, cachée
Au grenier… C’était une crotte,
Déposée-là quand leurs culottes
Devaient aussi être baissées…
Ce qui, plus tard, nous mit la glotte,
Un peu serrée, quand, au dîner,
Nous recevions, de la soupière,
Un bon potage agrémenté
De carottes encore tout entières !
Car on ne pouvait s’empêcher
De repenser à ces soldats,
Dont deux étaient tout aussi noirs
Que du charbon ! Car c’était la
Première fois de mon histoire
Que je voyais cette peau-là !

Une telle intrusion brutale,
Bien évidemment, me marqua
Et malaxa, vraiment, pas mal
Mes sentiments, mêlés de joie,
En voyant nos libérateurs,
Mais aussi de peur et d’effroi,
En pensant à tous les malheurs
Que cette guerre aura donné,
Comme à ce très jeune soldat
Allemand qui fut trouvé tué
À côté de notre habitat !

Après notre libération,
Nous étions à nouveau Français,
Très soulagés que les canons
Se soient tus et qu’enfin la paix
Soit de retour dans nos maisons !




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